Col du Vialet

Philippe

" Après un hiver bien enneigé, le début du mois de mai nous réserve encore bien des surprises en ce qui concerne l'état des sentiers d'altitude. L'objectif initial était le col de la Gardette, mais une reconnaissance quelques jours auparavant m'a incité à changer de secteur et à choisir un versant bien ensoleillé. Le coteau sud de St Michel de Chaillol s'imposait donc sans hésitation. Même en haut, la neige aura forcément fondu! Le projet modifié fut donc le col du Viallet et, si possible, monter un peu plus haut, sur la jolie pointe du Lingustier à 2363 m. Mais la réalité est souvent différente des projets...

Nous nous retrouvons donc une bonne quinzaine ce dimanche matin sur le parking de la station “Chaillol 1600”. Le temps est gris, l'air frais mais la bonne humeur est bien au rendez-vous. La petite troupe s'élance sur la large piste forestière en pente douce qui rejoint le plan d'eau en haut du télésiège de Clot Chenu. Ensuite la piste se transforme en un agréable sentier de montagne qui grimpe tranquillement à travers les mélèzes. Nous remarquons d'ailleurs que de nombreux arbres ont souffert de l'hiver, et sont, pour certains, brisés ou déracinés.

Au bout d'une petite heure de marche, nous nous retrouvons dans une zone remarquable du point de vue géologique. En effet, de curieuses tours rocheuses émergent de la forêt ici ou là, toutes très belles et spectaculaires. Parmi ces géants de pierre, notre ami Bernard nous présente un certain Robert, d'une trentaine de mètres de hauteur. "Regardez, il a toujours son béret sur la tête!" et de profil, on distingue clairement son nez, certains lui verront peut-être une moustache?

Après avoir salué Robert et ses amis, nous poursuivons l'ascension sur ce sympathique sentier panoramique qui monte tranquillement en direction du col du Viallet. Ce secteur est très riche en itinéraires reliant différents cols par des “chemins balcons” très esthétiques. Après quelques épingles, nous attaquons la dernière ligne droite et à une centaine de mètres du col, nous quittons le chemin principal pour emprunter une sente non balisée qui part en direction opposée. L'idée est de contourner la pointe du Lingustier par le sud-est, de gravir une pente herbeuse afin d'atteindre l'arête sommitale, normalement débonnaire: tout un programme! Mais voilà qu'au détour d'une crête, nous découvrons un important névé, invisible depuis le bas et pas du tout débonnaire, lui. Après une brève concertation, la décision est prise de rebrousser chemin et de repartir en direction du col du Viallet: la pointe du Lingustier attendra des jours meilleurs.

Nous arrivons rapidement au col et notre appétit de randonneurs n'étant pas rassasié, nous nous lançons en direction du pic Queyrel, qui se trouve à l'opposé de la pointe convoitée précédemment. Après une vingtaine de minutes passées à crapahuter sur une trace pas toujours commode, nous nous retrouvons à nouveau bloqués par d'importants névés. Cette fois, l'heure du pique-nique approchant, d'un commun accord, nous décidons que cet endroit situé aux environs des 2300 mètres d'altitude sera le sommet du jour. La préoccupation du moment est de trouver un endroit abrité du vent pour le repas de midi. La pause sera relativement brève car la température ambiante ne nous incitera pas à la prolonger. Cela n'empêchera en rien la distribution de toutes sortes de gâteaux, madeleines et carreaux de chocolat : tradition oblige!

Nous entamons donc sans traîner la descente vers des cieux plus cléments, par le même itinéraire. En effet, une fois sous le col, nous retrouvons une température bien plus agréable. Parvenus à la moitié de la descente environ, nous faisons une pause à une intersection. Je propose alors de faire une petite rallonge par le GR 50 en direction du col de la Pisse. A cet endroit, le sentier est censé être plus où moins horizontal, enfin, c'est ce que je croyais, mais il s'avère que le "balcon" est un peu "penché" et nous gravirons encore 150 m de dénivelé supplémentaires. L'intersection suivante nous indique clairement la descente en direction de Chaillol et, sans hésitation, nous nous y engageons cette fois. Nous arriverons aux autos dans le milieu de l'après-midi, juste avant une dégradation du temps et après avoir parcouru 15 km et 860 m de dénivelé.

Bravo et merci à toute l'équipe du jour. "