Cuchon d'Ancelle

Philippe

Le projet initial était le Cuchon, joli sommet qui domine le village d'Ancelle, c'était même inscrit au programme... Mais suite aux reconnaissances des jours précédents, il fut plus raisonnable de modifier un peu le parcours. Le dimanche matin, nous nous retrouvons donc une douzaine de randonneurs au parking de la Rouanne, terminus en hiver de la section carrossable.
La neige est déjà bien présente à cet endroit et au vu de sa consistance - elle est très dure et porte bien, à cette heure matinale - j'incite le groupe à se passer de raquettes : " les crampons seront suffisants!" dis je avec assurance. Mais c'était sans compter sur la neige, la belle, la traitresse, qui change d'avis et d'aspect selon les heures de la journée... Nous remontons donc la basse Rouanne sur "l'itinéraire raquettes" jusqu'au petit hameau des Mias où nous faisons une première pause "déshabillage", car l'ascension commence à bien réchauffer les corps. A partir de là, nous quittons le chemin principal pour rejoindre plus loin celui du Balcon de Rouanne. Nous devons traverser par un gué le torrent d'Autane pour y parvenir. Le soleil a fait son apparition depuis quelques instants, mais la neige porte toujours, étant donné que nous changeons de versant et repassons à l'ombre. Une seconde pause se fait plus haut, à une intersection où se trouve un gros caïrn qui ressemble un peu à une borie provençale, sous le lieu dit "la Masse". Nous commençons alors une longue traversée toujours en neige et dure bien portante qui va nous amener au pied de la grande falaise ocre située sous l'Autane. Ce sera le terminus de notre randonnée du jour, car la suite s'avère plus compliquée du fait de la totale disparition du chemin sous la neige, dans de grandes pentes bien plus risquées. Le site est remarquable : une grande plate-forme horizontale qui contraste avec la verticalité de la paroi toute proche.
Il est environ onze heures, le temps se couvre rapidement, mais le soleil a eu le temps de faire on oeuvre, à savoir bien ramollir la neige, la belle, la traitresse qui va nous en faire voir de toutes les couleurs pendant la suite de la randonnée. Après avoir pris le temps de nous ravitailler un minimum, nous entamons la descente par un autre chemin qui doit nous ramener au gué du matin. Mais dès les premiers pas, je comprends rapidement mon erreur: les raquettes! Mince, pourtant, ça "portait" bien ce matin! Et voilà : trois pas qui tiennent et au quatrième, crac! on s'enfonce jusqu'au genou, voire un peu plus, et ce sera ainsi jusqu'à la grande piste de la Rouanne, bien damée, elle. Vers midi, nous nous posons dans la neige, exténués, un peu avant le passage à gué pour le moment du pique-nique. Le temps s'est bien rafraîchi et le ciel tout gris est bien incertain. Encore une bonne demi heure de brassage de neige (cette belle traitresse) et nous nous retrouvons sur la grande piste damée, ouf! Enfin, on peut marcher sur un sol stable qui porte bien, quel plaisir! Le retour au parking se fera tranquillement et sans encombre. Les genoux auront craqué dans les trous de neige pour certains, les pieds seront
trempés pour d'autres, et l'on retiendra la morale du jour, à savoir ne pas suivre l'avis de l'accompagnateur qui vous dira de ne pas prendre vos raquettes! Merci à tous."